La Guajira

Nous avions initialement prévu de poursuivre notre route sur la côte Caribéenne par un trek de quatre jours au fin fond du parc Tayrona à la recherche de la, fameuse et désormais retrouvée, cité perdue.

Seulement voilà : quelques recommandations bien senties couplées à l’envie de nous écarter quelque peu du, très fréquenté, Gringo trail et nous voici embarqués dans un bus à destination de Riohacha, capitale de la Guajira, à l’extrême nord-est de la Colombie et à deux pas du voisin Venezuelien. Notre destination ? la pointe nord de la région, soit le point le plus septentrional de toute l’Amérique du Sud avant d’espérer gagner dans quelques mois le point le plus méridional.. Un challenge comme on les aime !

Le lieu en question étant difficile d’accès et les tensions entre la Colombie et le Venezuela n’arrangeant rien à la stabilité très précaire de la région, nous faisons appel aux services d’une agence pour réserver une excursion en jeep sur 3 jours.

Le temps d’une nuit à Rioacha dans un hôtel miteux (qui s’avèrera être un hôtel de passe !) et nous prenons la route en direction du Nord en compagnie de 4 autres voyageurs (2 couples « gringo-colombiens »), de notre guide-chauffeur Mario « Montoya » (plus chauffeur que guide comme le suggère son surnom) et de sa Landcruiser.

Les différents lieux que nous rejoindrons ne sont accessibles que par des pistes sur lesquelles notre Mario fonce sans sourciller, traversant des déserts, des cours d’eau, coupant au milieu des cactus et des salines, le tout livré à la merci de vents secs et particulierement violents. Les pistes empruntées rappellent parfois les meilleurs passages du « Salaire de la peur », avec leur « tôle ondulée », et nous filons comme dans le livre, à travers des paysages arides et fantomatiques. Tantôt, des barrières de fortune se dressent sur la piste et des enfants Wayuus (l’ethnie locale) surgissent des buissons épineux pour réclamer une propina quelconque : pesos, bonbons, tape amicale, etc.

Les paysages traversés frappent par leur isolement et le contraste entre l’immensité aride des déserts et la brillance vert-clair de la mer des Caraïbes est souvent splendide. Seulement, le train d’enfer imposé par notre Landcruiser n’offre que peu de place aux pauses photos… Heureusement, nous nous arrêtons tout de même au niveau des sites les plus significatifs, dont le Cabo de la Vela où l’on assiste aux ballets des quelques kite-surfers ayant fait l’effort de venir jusque là et où nous descendrons au creux d’une plage découpée dans les falaises ocres de la péninsule.

Avant d’atteindre Punta Gallinas, nous croiserons la piste du train de la mine de charbon située non loin et nous amuserons à dévaler les pentes des dunes de Taroa qui plongent litteralement dans les rouleaux Caribéens.

Pour la soirée, nous faisons halte dans des Rancherias où, outre le tourisme, on subsiste de la pêche et de l’élevage de chèvres, nombreuses dans la region et qui sont souvent seules âmes qui vivent dans les paysages de la Guajira. Nous coucherons les deux soirs dans des hamacs, presque sous les étoiles, et force est de constater qu’une fois qu’on a « pris le pli », on y dort très bien !

L’arrivée à Punta Gallinas lors du deuxième jour est presque émouvante quand on songe au temps et aux obstacles traversés pour y parvenir. Tout cela tranche avec l’extrême humilité de l’endroit : quelques monticules de pierre, un phare rouillé et une brève inscription. Mais c’est au petit matin que la magie du lieu fera finalement effet. Un calme absolu. Une baie turquoise et des eaux peu profondes abritant des colonies de flamands. Des forêts de cactus de toutes sortes et sur la moitié d’entre eux des aigles où des vautours que rien ne dérange sauf les troupeaux de chèvres qui descendent des pierriers pour se rafraichir près des plages désertes. Un vrai petit bout du monde qu’on aura partagé à 6 pendant une nuit et quelques heures. Avant de re-traverser à 80km/h les mêmes déserts et les mêmes obstacles (dont un embourbement mémorable dans de la terre sèche) pour plusieurs heures de chahut avant de retrouver l’axe Riohacha -> Vénézuéla et d’enfin profiter de la tranquillité du bitume retrouvé.


QUELQUES INFOS PRATIQUES

  • Hébergement : A Riohacha, Hostel Casa Blanca, à éviter (moins de 8€/nuit) !
  • Excursion de 3 jours : Nous sommes passés via l’agence KaiEcoTravel pour 130€/personne. Ce prix inclus le transport, l’hébergement (avec ‘eau douce’ pour la douche) et les repas (sauf la langouste, supplément sur place de 4€, recommandée par Clément 🙂 ). Il y a beaucoup d’artisanat local à la Guarija : bracelets, mochilas (sac traditionnel colombien), hamacs,… Nous nous sommes achetés quelques bracelets !

Anne-Cha & Clément

4 réflexions sur “La Guajira

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