Chiloé, une île à part

Sur les 6500 km qui forment la côte du Chili, l’île de Chiloé avec ses 250km de long pour 50km de large n’est qu’un simple détail sur la carte, environ aux deux tiers en direction du Sud. Malgré cette modestie apparente, l’île a joué et joue toujours un rôle important dans la culture chilienne.

Terre de contes et légendes, à l’Histoire chaotique et épicentre de la culture indigène Mapuche, Chiloé constitue un territoire à part vis à vis du continent. Pour nous français, impossible de ne pas penser a la Bretagne avec qui Chiloé partage des paysages sauvages et une certaine idée de l’insularité.

Malgré sa proximité avec les côtes chiliennes, l’île n’est toujours pas accessible par la route et bien qu’un projet de pont soit prévu, c’est toujours en ferry que l’on gagne ses rivages. On peut théoriquement en faire le tour en une grosse journée depuis la ville voisine de Puerto Montt, mais cela serait passer à côté de beaucoup de ses charmes.

Nous y sommes resté 4 jours pleins, majoritairement sous un grand soleil et avons donc eu le loisir d’en découvrir plusieurs facettes.

LES ÉGLISES DE CHILOE
L’île leur doit une grande partie de sa renommée touristique. Classées au patrimoine mondial de l’humanité, les églises de Chiloé ravivent le souvenir, pas si lointain, d’un temps ou le métal faisait défaut sur l’île, au contraire du bois, présent en abondance.

Certaines sont intégralement construites en bois (clous compris) et si leur aspect extérieur ne paye parfois pas de mine, les intérieurs sont tous splendides. Les parquets, colonnes et voûtes en bois dont la structure s’inspire des ouvrages maritimes apportent une touche de chaleur bienvenue à l’opposé de nos austères églises en pierre froide.

S’il y’a des dizaines d’églises sur l’île, seules 16 d’entre elles ont reçu le label de l’UNESCO. Nous en visiterons 6, parfois avec difficulté tant certaines paraissent inaccessibles aux visiteurs de passage, isolées sur des petits ilots.

CROIX DE BOIS
Comme pour les églises, l’habitat traditionnel de Chiloé repose sur le bois. La majorité des habitations sont ainsi de petites maisons colorées aux façades recouvertes de briques de bois. Si, vu de loin, on retrouve une certaine unicité, le détail apporte un passionnant panel de nuances. Types de tuiles, couleurs, agencements, etc. Clément tentera en vain de les inventorier mais devra déclarer forfait au bout de deux jours (trop de photos !). Ci-dessous un petit échantillon de la variété des styles.

Outre le bois, la mer constitue un autre aspect essentiel du développement de Chiloé. Historiquement associée à la navigation, l’économie chilotienne est aujourd’hui liée au boom de l’industrie salmoniere. On retrouve d’ailleurs cette dimension dans les cuisines locales (beaucoup de saumon, sous toutes ses formes, et de fruits de mer).

Dans les villes que nous avons pu visiter (voir carte plus bas), certains quartiers, dénommés palafitos, sont construits sur la mer, au moyen de pilotis. C’est très joli à marée haute … un peu moins à marée basse !

HAPPY FEET
Seule une petite bande sur le front oriental de l’ile est urbanisée. Le reste est préservé à l’état sauvage et déroule des paysages de forêts, de landes et de marées. Nous aurons l’occasion de découvrir ces paysages envoûtants lors de notre bref passage dans le parc national de Chiloe mais aussi, plus simplement, en arpentant les routes et chemins de l’île à la recherche des églises.

En cette saison, Chiloe abrite une population importante d’oiseaux migrateurs dont des ibis que l’on retrouve dans les champs, sur les plages et jusqu’aux toitures des maisons.
Autres volatiles, mais moins dégourdis, une colonie de pingouins a élu domicile sur quelques petits îlets au nord ouest de l’ile. Nous leur rendrons une petite visite, le temps de les voir se dandiner de façon ridicule jusqu’à l’eau. Un très bon souvenir pour Anne-Charlotte !

SORTIE DE ROUTE
Nous terminerons notre traversée de l’île à Quellon, d’où nous embarquons pour la Patagonie Chilienne. C’est dans ce petit port et dans l’anonymat le plus total que se termine la Panaméricaine, après avoir parcouru plus de 30 000 km depuis l’Alaska. Nous l’aurons longuement suivie depuis le Panama, jusqu’au Chili en passant par la Colombie et l’Équateur et devrons à présent faire sans elle. Cette derniere cédant maintenant sa place aux réputées difficiles Carretera Australe côté chilien et Ruta 40 côté argentin 😉 !


QUELQUES INFOS PRATIQUES

  • Y aller : depuis Puerto Varas ou Puerto Montt, des bus réguliers (compagnie Cruz del Sur) rejoignent les principales villes de l’ile via le ferry (6€ pour Ancud, 10€ pour Castro).
  • Logement : nous sommes restés une nuit à Ancud, à l’hospedaje San Sebastian (pas forcément d’intérêt, 23€/nuit) puis 2 à Castro à l’hospedaje El Molo (très bien et pas cher pour la qualité des prestations 19€/nuit).
  • Où manger : Le petit restaurant au dessus du marché d’Ancud propose des menus du jour à 2,6€ (très bonne pâtes à la saucisse !), celui du marché de Chonchi est légèrement plus cher (5€ le saumon à la plancha). Nous avons également testé le Retro’s Pub à Ancud (compter 8€ le sandwich copieux) et le café Blanco à Castro (très bon rapport qualité prix, 5€ la salade césar ou le sandwich saumon).
  • Se déplacer : des bus publics sillonnent l’île à fréquence plus ou moins régulière (très fréquents sur la panaméricaine). Cependant après réflexion, nous pensons qu’il est judicieux de louer une voiture, cela afin de davantage profiter des paysages (par exemple faire des pauses photo). Cela nous aurait évité quelques galères (voir section églises).
  • Visite des églises : Des agences proposeraient des tours à la journée permettant de visiter un grand nombre d’églises. Disposant d’un peu de temps, nous avons préféré les découvrir par nos propres moyens. Au départ de Castro, il est très facile de se déplacer en mini bus jusque Chonchi (1€/pers, 30 minutes de trajet), Nercon (4km après Castro, sur la route de Chonchi) Villipuli (après Chonchi sur la route de Castro) et Dalcahue (1€/pers, 40 minutes de trajet). Les églises de l’ile de Lemuy sont plus difficiles d’accès puisqu’il faut prendre un bus en direction de Queilen (6/jour) puis le ferry (gratuit) ou bien un bus jusque Chonchi puis un taxi jusqu’au port (70cents/pers). Ensuite il y a 4km de marche jusque la première eglise, 4 pour la suivante, etc. (Nous avons donc fait un peu de stop).
  • Se rendre au parc national de Chiloe (Cucao/Chanquin) : il y a des bus réguliers depuis Castro (1 par heure) à partir de 9h qui vont jusque l’entrée du parc (2€/pers, 1h20 de trajet). Attention : le parc ne propose pas vraiment de sentiers de randonnée mais plutôt des mini sentiers découverte. Nous avons du « combler » la demi journée en marchant le long de la plage vers le nord (paysages sympas). Ne pas s’attendre à une destination trekking donc.
  • Pingouins : les tours sont relativement bon marché (20€/pers) et tirent un peu sur la corde pour durer les 3h30 promis. Il est très simple de s’y rendre par soi même via un bus. Sur place les pêcheurs facturent 8€ la place sur leur bateau (navigation de 30min max, c’est tout petit).

carte chiloe

Anne-Cha & Clément

3 réflexions sur “Chiloé, une île à part

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