Une semaine à Buenos Aires

Contrairement à notre précédente escale au parc Torres Del Paine, nous n’attendions rien de particulier de la part de Buenos Aires. Les différents échos arrivés jusqu’à nous la décrivait comme une grande ville sale, pas forcément safe, sans attraction ou intérêt particulier et in fine très européenne. Avec le recul, si Buenos Aires ne s’impose pas comme une destination touristique incontournable pour les voyageurs européens, elle cultive un charme discret qui nous a conquis avec le temps.

PARIS JE T’AIME A LA RECOLETA

La Recoleta nous a servi de point de base durant nos 7 jours passés à Buenos Aires puisque c’est dans de quartier que nous avons choisi de loger lors de nos deux passages (entrecoupés d’un séjour Brésilien). Le style de notre premier appartement donne tout de suite le ton : porte cochère, parquet au sol, murs blanc et haut plafond. Nous sommes en terrain connu. Tout le quartier porte ainsi d’importantes similitudes avec notre capitale et il faut avouer qu’il y’a pire comme inspiration. En se baladant dans les rues, on croise de nombreux petits parcs, des restaurants chics, des épiceries fines, des boulangeries, des concierges devant les portes, le regard se perd vers des pigeonniers s’élevant vers le ciel …

Bref, c’est l’ambiance de Paris sans ses monuments ! Et c’est là que le bât blesse un peu car il faut dire qu’hormis le cimetière éponyme, il n’y a pas grand chose de particulier à voir dans la Recoleta. Le cimetière en question est cependant assez joli, sorte de modèle réduit du Père Lachaise, Évita Péron y faisant figure de Jim Morrison local. Autres attractions notables du quartier : le musée Xul Solar pour découvrir l’oeuvre de cet artiste peu connu, la librairie Ateneor superbement aménagée dans un ancien théâtre, le musée MALBA qui fait la part belle aux artistes Latino Américains et la fleur solaire dont les pétales de métal s’ouvrent et se referment au cours de la journee.

En somme, un quartier très sympa où l’on use ses semelles avec plaisir plutôt que d’y faire chauffer l’appareil photo, ce qui nous offre un répit bienvenu !

PALERMO HOLLYWOOD 

Si l’on s’amuse à poursuivre le jeu des analogies, Palermo, quartier branché de la ville, serait une sorte de petit Berlin ou Brooklyn. Notamment dans sa partie la plus « hipster », autoproclamée « Palermo Hollywood », on ne compte plus les bars, les boutiques de mode, etc au look vintage savamment entretenu. Tout comme la Recoleta, Palermo est un quartier où il fait bon passer du temps mais pour lequel il est difficile de faire émerger une attraction en particulier.

Les parcs situés à l’est du quartier sont par exemple très sympas par beau temps mais mal entretenus si l’on s’en tient aux normes françaises (NB : nous n’avons cependant pas visité le jardin japonais). De notre point de vue, le mieux à faire pour profiter de Palermo reste encore d’y faire du lèche-vitrine dans un de ses outlets ou d’y apprécier une bière en terrasse au soleil.

UN CENTRE CHARGÉ D’HISTOIRE

A la différence des deux précédents quartiers, d’inspiration « européenne », le Centro présente les caractéristiques typiques d’une capitale Sud Américaine, à savoir de la circulation, du bruit et de la saleté, l’aspect colonial en moins. Il n’empêche qu’avec ses (très) larges avenues et ses quelques structures monumentales, on réalise vite que nous sommes dans une capitale de 13M d’habitants.

Au delà de cela, ce qui nous a le plus marqué dans cette partie de la ville, c’est la façon dont l’Histoire récente et tragique du pays affleure à chaque coin de rue. Ça et là nous croiserons : des vétérans de la guerre des Malouines campant sur la place 21 de Mayo, des manifestations des mères et des grands mères des enfants disparus sous le régime de la junte militaire, des barricades bloquant l’accès à la « maison rose » de la présidente Kirchner, un gigantesque portrait d’Evita Péron trônant sur la façade d’un immeuble, des représentants des peuplades indigènes encerclant l’obélisque pour demander réparation après « 520 années de spoliation », etc.

En somme, un tissu social clairement à fleur de peau, vraisemblablement le fruit des élections présidentielles qui battaient leur plein au moment de notre passage.

QUELQUES SPECIFICITÉS TOUT DE MÊME ! 

Malgré toutes ces similitudes avec des villes connues, il y a tout de même plusieurs aspects qui nous ont paru témoigner d’un réel art de vivre Porteno (c’est ainsi que les habitants de Buenos Aires sont denommés).

  • La viande, délicieuse et pas chère du tout. Nous avons eu l’occasion de tester quelques petits restaurants qui valent le détour (voir Infos Pratiques).
  • La passion du football. Deux principaux clubs se disputent la ville, River Plate, traditionnellement soutenu par les classes aisées et Boca Junior avec ses couleurs bleues et jaunes, ancré dans le quartier populaire de la Boca. Lors de notre passage dans le coin, Clément a même eu la chance de visiter le musée du club ainsi que le mythique stade de la Bombonero et en est ressorti ravi.
  • L’esprit gaucho, qui s’étale notamment en devanture de superbes boutiques uniques en leur genre. On y trouve des magnifiques pièces de cuir, de la sellerie, des ustensiles à maté en argent, etc. Des magasins que l’on visite comme des musées !
  • Et sûrement un tas d’autres que nous n’avons pas eu le temps de découvrir : tango, vin, maté, etc.

ET LE TIGRE EST EN TOI

Lors de notre second passage en ville, nous nous sommes accordés une excursion dominicale à Tigre, surnommée la petite Venise Argentine (décidément !). Ce surnom est clairement usurpé car hormis les nombreux canaux parcourant la ville, nous ne lui avons pas trouvé d’autres points communs avec la Cité des Doges. Toujours est il que cette petite ville à 30km de BA demeure une destination agréable et dépaysante une fois le centre de Buenos Aires écumé. On s’y balade au bord de l’eau en regardant les bateaux qui passent et les sportifs en aviron avant de se poser en terrasse pour un verre sous le soleil de Décembre. Il y’a pire !


QUELQUES INFOS PRATIQUES

  • Taux de change : 15. Nous avons changé tous nos euros/dollars dans un petit centre d’envoi d’argent sur la Calle Junin à deux pas du cimetière.
  • Métro (sube) : La carte Sube s’achète et se recharge dans des kiosques, ou dans les stations de métro. Compter 2€ la carte. Le tarif du trajet en bus dépend de la distance parcourue sur la ligne. À titre d’exemple, un AR de Palermo à Tigre coûte environ 0,6€. De manière générale, il est facile de se déplacer à pied dans la ville si l’on s’en tient aux quartiers centraux.
  • Taxi : Compter 6,5€ pour l’aéroport Jorge-Newberry et 20€ pour Ezeiza. Depuis la Recoleta, le bus 37-4 vous conduit directement à Jorge Newbery. Attention, il n’y en a pas beaucoup !
  • Hébergement : nous avons séjourné dans un studio (air bnb) à la Recoleta (entre Arenales et Riobamba) pour 40€/nuit et à l’hôtel pink house (entre Gallo et Charcas) pour 34€/nuit (chambre double avec sdb privée).
  • Restaurants : nous avons testé El Club De La Milanesa, comme son nom l’indique l’escalope milanaise y est reine ! Bon rapport qualité prix (13€ pour 2). Pour tester les parilladas d’Argentine, la Cabrera est sans aucun doute à ne pas louper, très bonne viande avec de bons accompagnements pour un excellent prix (22€ pour deux).
  • Empanadas : nous nous sommes régalés d’empanadas durant notre visite. On ne saurait trop lesquelles vous conseiller puisque toutes celles que nous avons testées étaient délicieuses. Une adresse qui nous revient : Dona Eulogia, juste à côté du MALBA (50cts par empanada).
  • Boulangerie : pour de succulentes pâtisseries françaises, courez vers l’Epi Boulangerie sur la Calle Montevideo.
  • Walking tour du centre ville : deux tours sont proposés. L’un part le matin du Parlement et est consacré au centre ville. L’autre part à 17h depuis la place San Martín et propose de découvrir le quartier de La Recoleta.
  • Musée : le musée Xul Solar est incontournable pour qui souhaite s’intéresser a l’art Argentin. Cet ami de Borges a peint des tableaux dans un style très particulier qui mérite le détour. Autre musée à ne pas manquer, le MALBA qui est, lui, dédié à l’art contemporain Argentin.
  • Quartier de la Boca : le bus 152 court le long de l’avenida Santa Fe et se rend ensuite à la Boca. La bas, 3 attractions principales : les petites rues colorées (bof) dont le fameux Caminito. La fondation Proa, à moitié fermée lors de notre passage, mais qui a bonne réputation. Le stade et le musée de Boca Juniors dont la visite est intéressante mais un peu chère (9€/pers). À réserver aux passionnés !
  • Tigre : Pour s’y rendre, prendre le train ou le bus n°60. Compter 1h de trajet avec ce dernier. La ville est très touristique, en particulier le week-end et dispose même d’un parc d’attraction et d’une foire. Nous n’avons pas fait de tour en bateau sur les canaux, et avons préféré nous balader à pied le long des rives jusqu’au musée des arts de Tigre.

Anne-Cha & Clément

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