L’Île de Pâques pour démarrer l’année 2016 !

Comme on le réalise dès l’arrivée en avion, l’île de Pâques – ou Rapa Nui comme l’appelle les locaux – est un minuscule caillou au milieu de l’Océan Pacifique à 2000km de la première île habitée et 3700km du continent. Si ce n’était pour l’extraordinaire témoignage culturel de l’endroit rien ne distinguerait cette île des centaines d’autres qui composent l’archipel polynésien. De par ses dimensions réduites et du temps dont nous disposions sur place (1 semaine), nous avons pu l’explorer de fond en comble, à notre rythme et sans avoir recours à un engin motorisé.

HANGA ROA

La petite ville d’Hanga Roa doit ressembler à toute les petites capitales polynésiennes avec ses allées fleuries, ses habitants peu pressés et la mer en toile de fond. Chose à laquelle nous ne nous attendions pas, l’eau est plutôt chaude et l’on s’y baigne comme on y surfe. Cela malgré l’absence de vraie plage, toute la côte étant, à une exception près, cernée de roches volcaniques. Nous nous sommes donc baignés tous les jours et, cerise sur le gâteau, avons nagé à chaque reprise avec d’immenses tortues marines. 2m d’envergure pour la plus grande !

Autre attraction de la ville, ses moais (nom donné aux célèbres statues de l’île) et notamment la rangée de 5 qui se dresse sur le site de Tahai, 1km au nord. C’est ici que les touristes  se pressent pour admirer le coucher du soleil et c’est également le lieu où nous avons passé le réveillon 2016. Toute la population de l’île y était regroupée devant une petite scène entre feux d’artifice, musiques et danses locales comme internationales. Le tout entrecoupé de surprenants jeux de type « une famille en or » !

LE NORD-OUEST : ENTRE LANDE ET PLAGE

C’est la portion de l’île la plus sauvage avec ses falaises et ses longues percées de lave qui se jettent dans la mer agitée. En grande partie dépourvue de route, l’endroit se prête bien aux randonnées. c’est donc ce mode de déplacement que nous adopterons pour la découvrir, partant tôt le matin de HangaRoa pour atteindre le nord de l’île et la plage d’Anakena en début d’après midi. La marche n’est pas compliquée (longer la côte) mais parfois éprouvante du fait de la chaleur et de l‘absence de sentier balisé.

Au passage nous découvrirons de nombreux vestiges de l’ancienne civilisation Rapa Nui, et notamment plusieurs Ahus (autels dressés près de la mer comportant une série de statues) aux Moais renversés. Au bout du chemin, nous posons pied sur l’unique plage de sable blanc de l’île, avec, dimanche oblige, pas mal de familles venues y passer l’après midi. Outre la farniente, cette plage est ornée d’un des Ahu les plus réussi de l’île avec ses 7+1 moai dont beaucoup portent toujours sur leur tête une impressionante coiffe de scorie volcanique rouge.

Sur le chemin du retour, un rapide détour permet d’admirer l’unique autel édifié à l’intérieur des terres, Ahu Akivi. Celui ci étant particulièrement intéressant avec sa rangée de 7 statues, toutes très bien conservées.

L’EST : LES 15 MOAIS

Les deux plus beaux sites sont, selon nous, concentrés à l’extrême est de l’ile, à une vingtaine de km de Hanga Roa. Ces 40km À/R ont donc été pour nous l’occasion d’une petite excursion en vélo qui nous a tout d’abord permis d’apprécier les paysages côtiers et les quelques sites historiques qui parsèment le flanc sud de Rapa Nui.

Après environ 18km, nous atteignons un petit volcan abritant l’unique gisement de tuffe de l’île. C’est ici que la quasi totalité des moais ont été sculptés. Apres quelques mètres sur les flancs du cratère, le spectacle commence : nous déambulons au milieu de dizaines de têtes de plusieurs mètres de haut, toutes admirablement sculptées et certaines particulièrement stylisées.

Quelques moais sont encore en chantier ce qui permet de mieux comprendre le processus de fabrication et l’ampleur du travail associé.
Les plus grands sont hauts de plus de 6m et dépassent les 15m en comptant leurs corps qui sont, pour une raison inconnue, enterrés sous terre. Pour un peu on se croirait dans un film de science fiction tant ses visages (près de 400 sur ce site) semblent sortis d’une autre réalité !

Quelques minutes après être sortis de la carrière, nous apercevons au loin le plus grand et le plus majestueux des autels de l’île, avec cette fois 15 gigantesques moais tournant le dos a l’océan. Nous passerons un long moment à les contempler, stupéfaits par la richesse du patrimoine d’un si petit caillou perdu dans le Pacifique. Une pause déjeuner inoubliable !

LE SUD-OUEST : BIRDMAN

Le dernier point d’intérêt majeur de l’île s’écarte quelque peu des moais puisqu’il concentre les vestiges de la civilisation Make-Make, ayant succédé aux alentours du XVIème siècle au culte des anciens. Cette fois ci, tout est plus simple ! Plus question de passer des années à sculpter des statues, les croyances s’y expriment de façon plus « classique » avec notamment en point d’orgue un concours où les champions de chaque clan se disputent le premier œuf faisant suite a l’arrivée des oiseaux migrateurs locaux. Le vainqueur remporte le titre honorifique d’Homme Oiseau et se voit accorder des pouvoirs spirituels et politiques majeurs. Nous visiterons les différentes reliques de cette époque ainsi que le lieu de la compétition, situé sur les flancs du cratère Orongo d’où l’on aperçoit l’îlot où les champions partaient à la chasse aux œufs (sur l’île de pâques c’est tout un programme 😉 ).

IMPRESSIONS
Au delà de l’intérêt esthétique de ces sites, ce qui nous a frappé avant toute chose  est l’épaisseur du mystère dont cette petite île reste enveloppée. Aujourd’hui encore, beaucoup de questions demeurent sans réponses, l’héritage Rapa Nui n’ayant jamais été consigné par écrit : Comment une si île si insignifiante a pu faire éclore un patrimoine culturel si vaste et spécifique ? Quelles motivations animaient ses habitants pour qu’ils en viennent à sculpter plus de 800 Moais (de 1 à 21m de haut) ? Comment les déplaçaient-ils jusqu’à la mer ? Pourquoi regardent ils à l’intérieur de l’île ? Que s’est il passé pour que, tout d’un coup, la population se tourne vers un autre culte, abandonnant au passage des centaines de sculptures inachevées ? Pourquoi tous les Moais disposent ils de traits si caractéristiques et pas franchement polynésiens ? …
C’est donc riches de questions et de souvenirs que nous repartons de cette île dont les paysages, sculptures et mystères nous auront vraiment conquis !


QUELQUES INFOS PRATIQUES :

  • Y aller : l’île est joignable depuis Santiago du Chili et Tahiti. Compter 5h de vol depuis Santiago. Les billets sont généralement assez chers mais le notre était inclus dans notre pass Tour du Monde.
  • Durée du séjour : nous sommes restés une semaine complète sur l’île entre Noël et le nouvel an. C’était plus que suffisant. De notre point de vue, 2 jours pleins sont nécessaires pour bien visiter l’île, ce qui , compte tenu de la fréquence des vols nécessite de passer 4 jours sur place.
  • Hébergement : les hôtels étant plutôt haut de gamme et donc assez chers, nous avons choisi la solution camping. Le camping Minihoa dispose d’emplacements tout équipés pour 10€ par nuit. Il bénéficie d’un emplacement hors du commun, donnant directement sur la mer ainsi que d’une grande cuisine et des sanitaires récents. L’ambiance entre voyageurs y est excellente. Seul bémol, le site est infecté de cafard. Nous avons même été réveillés par l’un d’entre eux qui avait réussi à s’infiltrer dans notre tente !
  • Parc national : la CONAF vend des billets donnant droit d’entrée aux deux sites d’Orongo et de la carrière. Compter 40€ par personne. Les billets sont valables durant tout le séjour et s’il n’y a pas de réel contrôle, c’est tout de même le minimum vu le patrimoine à maintenir et restaurer.
  • Musée : il peut être intéressant de se rendre au musée des son arrivée sur l’île. Sans être extraordinaire il apporte pas mal d’information sur l’histoire de l’île et permet ainsi de davantage apprécier les différentes visites.
  • Déplacements sur l’île : plein d’options au programme : voiture (55€/jour), scooter (30€/jour), vélo (15€/jour) ou encore cheval (55€ l’excursion), etc. Nous avons choisi de privilégier la marche à pied et hormis pour les sites de la côte est c’était largement suffisant !
  • Nourriture : du fait de son éloignement, les restaurants sont très chers sur l’île, nous avons donc privilégié les snacks le midi et cuisiner le soir. Sur la rue principale on trouve différentes boulangeries servant d’énormes empanadas pour 3-4€. Celles au thon sont clairement les meilleures ! Les supermarchés sont eux aussi plus chers et surtout moins fournis. Le moins pire d’entre eux est le supermercado Kanina près de l’aéroport. Bref le mieux est d’acheter le minimum vital avant de prendre l’avion.
  • Budget : compte tenu de toutes les informations précédentes, nous avons passé nos 7 jours sur l’île sur la base d’un budget moyen de 35€/pers/jour.
  • Activités : nous avons réalisé une petite carte qui résumé l’ensemble des activités que nous avons pu réaliser lors de notre semaine passée sur l’île.

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Anne-Cha & Clément

3 réflexions sur “L’Île de Pâques pour démarrer l’année 2016 !

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